Le mors, outil ou contrainte ?

 

 

Entre la carrière gelée ou enneigée et les plannings chargés, pas facile de travailler "sérieusement" en hiver. Pour Oriège et moi, la solution est simple : une session de formation sur un mois et demi, avec Marc Ardeneus, qui nous suit depuis quelques temps déjà. La formation se déroule à Dun, au centre équestre de La Barre.

 

Mon objectif, à peine avoué, est d'avancer vers le savoir 5, avec une jument en équilibre et légère. Je sais que dans ces apprentissages, le mors de filet sera un outil précieux, mais j'ai beau le dire et le penser sincèrement, j'hésite à passer le cap.  Après tout,  je l'ai tellement répété, on doit pouvoir y arriver sans rien ans la bouche non ?

Marc, en bon pédagogue, est très ouvert et ne nous impose pas un outil ou un autre. J'ai donc débuté en licol, sur une jument aux ordres, rien à dire. Mais rapidement la question s'est posée, si on essayait en mors pour voir ?

 

J'ai longuement hésité : ai-je ou pas envie de travailler avec un mors ? Au début clairement pas. Mais pourquoi ? La première raison invoquée est bien sur le confort d'Oriège. Elle et moi sommes maintenant "au point" sans mors (du moins c'est ce qu'il me semblait), la mâchoire est décontractée, la nuque plutôt légère, j'envisageais donc de continuer en side-pull puisque cela fonctionne.

C'était la première, sans doute la seule vraie "bonne" raison.

 

Mais derrière cet argument, en creusant un peu, là, juste sous la volonté de faire au mieux pour elle, j'ai découvert sans trop y croire un petit quelque chose que je ne voulais pas voir, une autre raison de ma volonté de continuer sans mors, une dont j'ai un peu honte : un brin d'égo....

Bah oui finalement, monter sans mors n'est ce pas vouloir faire mieux ? Mieux pour le cheval oui, mais aussi peut être "mieux" tout court, mieux...que les autres ???..... bref la question à me reposer était "qu'est ce qui est mieux POUR ELLE" et c'est Oriège qui m'a répondu.

 

Notre séance s'est faite en deux temps : un peu en mors, un peu en side....et avec le filet, outre quelques "réglages" à refaire ensemble par manque d'habitude, la transformation est immédiate. Je pensais Oriège légère et juste sans mors, j'ai redécouvert un autre équilibre avec. Je sentais la mâchoire décontractée, c'est exact, mais la nuque, elle, ne l'était pas réellement. Le haut de l'encolure restait tendu, très peu, mais assez que la mobilisation du garrot soit imparfaite. En gros, un contact sur la commissure des lèvres engendre chez Oriège plus de cession de mâchoire DONC une vraie cession de la nuque sans tension musculaire superflue, et donc par ricochet un meilleur fonctionnement du dos donc un début d'abaissement des hanches....là ou le side fait fermer l'angle tete encolure, le mors obtient que ce soit la nuque qui cède et que la position deu chanfrein n’en soit que la vérification (la conséquence donc) et pas la base.

 Le pourquoi du comment serait long et fastidieux à expliquer ici, même si la notion de rêne "équilibrante" est assez claire pour moi. De nombreux écrits, de grande qualité, explique tout cela mieux que je ne le ferai, je ne vais donc pas y m'étendre sur le sujet. (et non, je ne me défile pas, si il y a quelques accros qui sont arrivés jusque là dans l'article et qui ont envie de creuser le sujet je débattrai volontiers avec eux...mais autour d'un café, parce que ça peut être long ! En attendant, relisez Philippe Karl....)

 

Reste la notion de confort. Le respect, la limitation des contraintes inutiles, le bien être, la coopération d'Oriège. Comment se situer par rapport à ça ?

 

Ce dont je suis convaincue, c'est que le travail de dressage et de mise en équilibre des chevaux est la première préoccupation que devrait avoir un cavalier en matière de confort de sa monture. Bien avant l'outil qu'il utilise, la volonté d'enseigner à son cheval comment se tenir pour porter au mieux son cavalier, sans dommage physique, est primordiale.

Je ne sais pas s 'il est possible de faire la totalité du chemin vers le "vrai" rassembler sans mors. J'aime à le croire, mais je n'ai pas encore rencontré "en vrai" de cavaliers arrivés à ce niveau sans jamais brider. En revanche il est certain que si ce travail a été correctement mené, sur un cheval qui a compris, il est ensuite facile de le reproduire sans mors : le cheval y trouve son confort et de lui même adopte cet équilibre.

 

Toutes les méthodes dites "éthologiques" et recherchant une équitation juste envisage l’utilisation du mors à un moment ou à un autre. Chez Élisabeth de Corbigny (et donc Marc), le mors est l'outil apprentissage, le travail sans mors la vérification. A la Cense il est plutôt l'aboutissement, la dernière étape vers plus de légèreté. mais dans tous les cas, il est présent.

 

Personnellement, j'ai décidé d'en faire un outil, qui intervient quand je l'estime nécessaire, pour permettre au cheval de comprendre plus vite ces notions d’équilibre.Car clairement le mors permet de gagner du temps sur ces apprentissages, c'est mécanique : cession de bouche = cession de nuque (essayez sur vous, dents serrées, tournez la tête, puis refaites en mâchouillant...vous sentez la différence dans les cervicales ?)

J'entends déjà certains extrémistes du sans mors me dire "oui mais vite, pourquoi ?" "on est toujours trop pressés," "il faut savoir perdre du temps pour en gagner" et toutes ces belles vérités, auxquelles j'adhère la plupart du temps.

Mais pas dans ce cas. Parce que plus vite le cheval comprend comment se mouvoir sous notre poids plus vite il est confortable. Moins il passe de temps à tomber sur les épaules et à chercher son équilibre sur la main du cavalier plus vite il devient léger, et moins on risque de voir un cheval sans mors devenir un peu plus lourd à la main au fil des mois.

 

Nos chevaux, ne nous leurrons pas, n'ont pas l'équilibre naturel d'un pur race espagnol.... et sans équilibre, pas de légèreté. c'est valable en dressage bien sur, mais aussi en promenade, pour avoir un cheval fin et aux ordres, à l’obstacle, bref...tout le temps.

 

Et si lui mettre un mors, en lui enseignant comment y répondre par des exercices spécifiques, l'aide à trouver plus vite son équilibre, à se sentir confortable, n'est ce pas finalement moins de contrainte pour lui que des mois de travail sans mors pour un résultat moins abouti ?

 

Dans le cadre d'un travail spécifique de dressage, nos chevaux sont donc parfois habillé d'un mors à aiguille.

 

Comme Andy répète d'utiliser les rênes de façon  pouvoir faire sans un jour, nous utilisons le mors parfois pour nous en passer demain.

 

Bouche libre la plupart du temps, y compris lors du débourrage ou en extérieur, nos chevaux apprennent le mors comme le licol, le side pull ou la selle. Un outil supplémentaire pour leur rendre la vie plus facile. Je l'avais presque oublié, c'est Oriège, une fois encore, qui m'a donné la réponse..

 

Armée de mon mors à aiguille et surtout d'un super prof, nous voilà en route vers, je l'espère, plus encore de légèreté, d’harmonie et de finesse dans notre communication.

 

Pour, encore longtemps, danser ensemble.

 

 

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Commentaires : 4
  • #1

    E (vendredi, 16 janvier 2015 13:38)

    donc tu retravailles Oriege au mors pour le savoir 5? Et après tu lui enlèvera de nouveau pour essayer de retrouver l'équilibre aquis avec le mors ou pas? :)

  • #2

    lecrin-des-cimes (vendredi, 16 janvier 2015 19:42)

    Oui c'est l'idée, préparer en mors et valider si c'est acquis en l'enlevant !

  • #3

    E (vendredi, 16 janvier 2015 20:07)

    d'accord! Je te souhaite de bien progresser avec elle alors :)

  • #4

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